La conférence sur l'abattage rituel musulman
L’association de contrôle de produits Halal A.V.S (A Votre Service) a invité, le mardi 1 avril 2008, certains professionnels et consommateurs à une conférence portant sur l’abattage rituel. Trois thèmes majeures ont été abordés, à savoir : la place de l’étourdissement dans l’abattage rituel, le problème de la formation des sacrificateurs, de leur compétence et le respect, qu’il s’agisse de la législation, de la religion ou des consommateurs. |
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En France l’étourdissement des animaux est obligatoire depuis 1974. Une dérogation est accordée à l’abattage rituel (Juif et Musulman). .D’après le Docteur D.Simonin de la DGSANCO (direction générale “Santé et protection des consommateurs) La Directive 93/119/CE article 2 va dans ce sens. Toutefois des pays européens comme la Suisse, la Suède et la Norvège interdisent l’abattage rituel s’il n’y a pas d’étourdissement avant l’abattage. Frédéric FREUND directeur de l’O.A.B.A (œuvre d’assistance aux bêtes d’abattoirs) fait savoir, que son organisation est favorable à l’étourdissement de l’animal avant l’abattage. Pour lui c’est une question de respect de l’animal et un gage de sécurité pour les divers opérateurs. En effet, une fois étourdi, on épargne une souffrance inutile à l’animal et l’absence de mouvements facilite le travaille des sacrificateurs. « L’O.A.B.A n’est pas islamophobe !» clame-t-il. L’O.A.B.A souhaite simplement protéger les animaux de toute forme de souffrance et de maltraitance. M.Freund rappel, qu’il n’existe pas de consensus, chez les musulmans, au sujet de l’étourdissement. Certains sacrificateurs et organismes de contrôle la pratiquent en France. L’étourdissement est également utilisé pour la viande Halal en Angleterre. De gros pays exportateurs de ce type de viande (l’Australie et, Nouvelle Zélande…etc.) vers les pays du moyen Orient ont recours, eux aussi, à cette pratique. Alors, pourquoi ne pas la généraliser ! Le professeur Regenstein a, quant à lui, fait remarquer qu’aucune étude sur l’étourdissement ne confirme si, oui ou non, l’animal ressent la douleur une fois étourdi et ce d’une manière scientifique. Ni même si cette technique peut provoquer la mot de l’animal. Le professeur Regenstein et la sociologue Florence Bergeaud-Blackler conseillent de consulter les experts en religion et de les faire participer au débat. Leur absence ce 1er avril 2008 a clairement fait défaut. |
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D’après le Docteur D.Simonin de la DGSANCO, La directive 93/119/CE sur l’abattage va évoluer. Cette dernière va insister sur la formation des sacrificateurs. Une personne dans l’assistance a précisé, que le responsable de l’abattoir a déjà l’obligation d’assurer la formation du personnel de son établissement (y compris des sacrificateurs). Il s’agira donc d’un renforcement de cette loi. Pour l’O.A.B.A le manque de formation des sacrificateurs est flagrant. Ces derniers ne respectent pas les règles élémentaires d’hygiène comme par exemple le nettoyage du sang du box de contention après chaque abattage. Manque de respect de l’animal : un animal voit son congénère se faire inciser, le couteau n’est pas dissimulé lors du sacrifice et le matériel n’est pas utilisé correctement. Des invités ont vivement contesté ces propos. « C’est la faute des abattoirs » disent-ils. « Ils ne font pas le nécessaire pour que le travail soit fait correctement avec un matériel approprié ». L’O.A.B.A dénonce le travail de sacrificateurs non habilités (sans carte) et surtout sans expérience. Ce fut surprenant d’apprendre que certains rites musulmans ne sont pas respectés (orientation vers la Mecque, invoquer Allah….etc.). M. John Neeman de la société Irish Country Meat a souligné l’importance d’un travail professionnel pour satisfaire un marché en perpétuelle expansion. |
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La sociologue F.Bergeaud-blacker fait comprendre qu’il s’agit avant tout de respect. Les industriels doivent respecter le consommateur de Halal. Pendant longtemps cette filière a servi à déstocker de la viande de mauvaise qualité et pas du tout Halal. Ce respect sera effectif dès que les industriels travailleront avec une transparence totale et qu’un référentiel de Halal sera établi. Le consommateur ne peut savoir si l’étourdissement a été appliqué, si l’animal a été réellement incisé, si le cahier des charges suit une école de jurisprudence particulière. Il est question de définition. En cela, le professeur Regenstein insiste sur la nécessité de bien définir tous les mots techniques pour une meilleure compréhension. Une personne dans l’assistance a illustré ce propos en définissant la saignée. Trop souvent on assimile la saignée à l’abattage rituel. Or il n’en est rien. Quelque soit le mode d’abattage on effectue la saignée : l’animal est vidé de son sang. John Neeman d’Irish Country Meat explique que par respect pour leurs clients et collaborateurs, ils font appel à un organisme de contrôle indépendant pour certifier leur viande Halal. Pour lui, c’est une condition à la pérennité de l’entreprise dans ce secteur. Ils exportent beaucoup et connaissent une croissance continue depuis le démarrage du Halal dans l’entreprise. Il a été question du respect des personnes ne consommant pas de Halal. En effet, après études, la sociologue F.Bergeaud-blacker informe qu’un grand nombre de musulman interrogé ne répondrait pas à une invitation d’un non-musulman par peur de ne pas manger Halal. Dans certaines cantines une table est réservée aux élèves musulmans les isolant du reste de la classe. Nous apprenons qu’en l’espace de dix ans, le comportement des musulmans a changé. Ce qui inquiète la sociologue, c’est le repli vers lequel tendent les consommateurs de Halal. L’O.A.B.A regrette que des personnes mangent du Halal contre leur gré et demande le respect de la loi. La viande Halal non vendue est redirigée vers le circuit traditionnel. C’est une infraction car cette viande n’est pas sujette à l’étourdissement, qui rappelons-le est obligatoire pour le circuit traditionnel. |
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Faut-il imposer l’étourdissement « post mortem » à l’abattage rituel ? Les avis sont partagés. Une définition du Halal et un cahier des charges unique semblent être la solution au problème rencontré par le marché du Halal. Notons que le Halal est une question religieuse. On se doit donc de consulter les experts en la matière. Le législateur, les industriels et les défenseurs de la protection des animaux exigent, que l’abattage rituel soit réalisé par des professionnels, formés et compétents. On doit respecter le droit de tous les consommateurs. Il n’existe sur le marché du Halal, qu’une seule façon d’y parvenir : « la transparence ». |
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